Plus qu'une affaire de coquetterie, le costume breton reflétait,
l'appartenance à une identité culturelle, à un groupe social, à un "pays".
Si la presqu’île de Crozon, unité administrative, compte actuellement sept communes, le pays de Crozon, est caractérisé notamment par une mode vestimentaire propre.
L’ensemble du territoire fait partie du Parc Naturel Régional d’Armorique. Au XVIIIe siècle, la commune de Crozon couvre plus de la moitié du territoire presqu’îlien. Crozon s’étend de Quelern à Kerloc’h, en passant par Trez Rouz, Rostudel et Lanvéoc. Elle en est restée la ville principale. C’est un territoire entouré de mers. Au nord se trouve la rade de Brest, c’est à dire les portes du Léon, au sud la baie de Douarnenez visant sur la Cornouaille, à l’ouest la mer d’Iroise et à l’est l’estuaire de l’Aulne.
Elle est bordée d’îles : l’île de Trébéron, de l’Aber, l’île Vierge… À l’est le Menez Hom, qui fait partie de la chaîne des Montagnes Noires, culmine à 329 mètres. La presqu’île est reconnaissable à sa forme en croix. Ses nombreuses pointes en font un site d’exception plébiscité des visiteurs : le Cap de la Chèvre, la pointe de Pen Hir et la pointe du Toulinguet à Camaret, la pointe des Espagnols face à Brest, sur la commune de Roscanvel.
Sources : https://korollerienkraon.wordpress.com/category/histoires/
https://meroural.wixsite.com/telgruc-patrimoine/la-coiffe
Elle fut portée dans les cinq communes occidentales : (Camaret, Crozon-Morgat, Lanvéoc, Roscanvel et Telgruc-sur-Mer).
Ses larges lacets forment en effet deux boucles à la base de la nuque, dépassant largement de chaque côté du visage. Ceci peut faire penser aux cornes du bélier, d’où le nom de « Penn Maout », c’est-à-dire « tête de bélier ».
C’est une des différences notables de la coiffe de la Presqu’île par rapport aux autres coiffes de la famille des « Penn Sardin »
René Yves Creston dans son ouvrage "Le costume Breton" indique que la coiffe de Crozon appartenait au groupe de Douarnenez-Crozon, plus connu sous le nom de "Pen-Sardin" alors qu'Argol et Landévenec communes exclusivement agricoles se rattachaient à la mode Rouzig (Châteaulin).
Si, à Argol, il n'existe pas de contestation, les habitants de Landévennec ne sont pas aussi affirmatifs : dans leurs souvenirs la coiffe de Crozon et la coiffe carrée de Châteaulin (pays Rouzig) ont été portées toutes les deux sur leur commune.
Pays Douarnenez
Lacets étroits
"passe" courte"
ailes retroussées.
Pays de Crozon
Lacets plus importants
Noeud plus important
"passe" plus longue
ailes "sparlou" repliées sur les boucles.
Pays Rouzig
Francine Salaun, notre regrettée professeur de Broderie sur tulle.
Notre coiffe est appelée à tort « Penn Sardin »
En témoigne le souvenir de Jean Zam, presqu’îlien : « De mon existence -je suis né en 1928- je n’ai jamais entendu ma famille ou ma belle-famille désigner leur coiffe par « penn sardin ». Ma belle-mère née à Lanvéoc en 1887, sa mère née à Telgruc en 1855, et sa grand-mère née en 1825, ont toutes porté la même coiffe, celle de la Presqu’île de Crozon. Il est indéniable que la coiffe de la presqu’île est celle d’un Pays. »
La coiffe adoptée par les douarnenistes pourrait avoir été inspirée de celle de Crozon. En effet, à partir de 1860, elle fut imposée aux ouvrières des conserveries par les industriels pour des raisons sanitaires : de petite taille et très couvrante, elle permettait le maintien aisé des cheveux.
Elle fut portée pour ces mêmes raisons dans les ports sardiniers de la côte sud, comme à Beuzec, Audierne, Lesconil, l’île Tudy, Kerity Penmarc’h et jusqu’à Concarneau.
Mise en boîte des sardines - Usine Chancerelle installée en 1860 à Douarnenez
