En 1793, le port de Lanvéoc sert à l´embarquement de la majeure partie de l´approvisionnement journalier de la ville de Brest, et entretient pour cet effet 10 bateaux de passage du port de 5 à 6 tonneaux chacun. Un an auparavant, 2000 livres sont attribuées pour le port de Lanvéoc.
Lanvéoc trouve aussi un regain d´activité en temps de guerre en raison du passage des troupes à destination de Brest.
Mais l´accès depuis le bourg est très pentu et, les troupes, transitant par Lanvéoc, ne trouvent pas toujours les barques et équipages pour leur passage vers Brest. La difficulté d´appareillage au port de Lanvéoc le rend moins attractif. De 10 bateaux de passage en 1793, on passe en 1809 à 7 bateaux de 12 tonneaux.
Le premier projet d´aménagement d´une cale au port de Lanvéoc date de 1793.
M. David, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées du Finistère, détaille les difficultés du port :
« le port de Lanvéoc est composé de deux anses séparées par un fort assez considérable sur une pointe élevée en avancée sur la mer. l'une à l'ouest du fort "La ptite grève" l'autre à l'est "la grande grève - Caste Bihan".
Les bateaux de passage se tiennent dans l´une ou l´autre des deux anses selon que le vent est à l´Est ou au couchant.
Il serait dispendieux de construire dans chaque anse une chaussée et nous avons dû choisir entre ces deux côtés, celui qui par sa position offre un abri naturel aux vents les plus fréquents et les plus dangereux ».
la "ptite grève" - la "grande Grève"
Cette demande reste en projet jusqu'en 1840. L'implantation de la cale à l'Est du fort est cependant acquise.
La cale actuelle, construite en 1840, de 74 mètres de long et 8 mètres de large en pierre de taille liées par mortier hydraulique, complétée de deux rampes parallèles pour faciliter les débarquements de marchandises.a été complétée de deux rampes d'accès en 1866. Trop courte pour les Vapeurs, le Conseil Municipal de Lanvéoc en demande le prolongement en 1881. Cette demande est récurrente dans le registre des délibérations de la commune et ne sera réalisée qu'en 1927 (30 mètres de prolongement).
La cale, construite en 1840, délimite la partie ouest de la grève de Castel-bihan, le môle, d'une longueur de 45,5 mètres, construit en 1885, délimite le port dans sa partie est ; une cale de 36 mètres lui est accolée en 1894. Ces deux derniers ouvrages ont été bombardés durant la Seconde Guerre mondiale.
Un môle existe actuellement à l'est de la petite grève.
Un corps de garde complète l'espace portuaire. Edifié en 1820, restauré en 1845, il est en ruine en 1881. Le corps de garde actuel, devenu local de l'association nautique du port, construit après 1881, est toujours en place.
Au cours du 19e siècle, le trafic portuaire se fait à l´avantage du Fret. Entre 1872 et 1876, le trafic annuel enregistré à Lanvéoc est de 180 bateaux pour un tonnage moyen de 1 250 tonneaux auxquels s´ajoutent 2 000 tonneaux d´engrais marins.
Tandis qu´au Fret il est de 400 bateaux pour 3 200 tonneaux de marchandises et 800 tonneaux d´engrais.
De Lanvéoc partent à destination de Brest céréales et légumes et arrivent de Brest engrais marins.
Atlas des ports de France 1879 (archives du Finistère)
Pour ce qui est du transport des passagers l´activité du port de Lanvéoc décline au cours du 19e siècle : Les Vapeurs desservent Lanvéoc deux fois par semaine. La liaison avec Brest, au départ de Port-Launay, transite par Le Fret. L'axe Lorient-Lanvéoc-Brest est définitivement jugé obsolète lors de la création du Chemin de Fer qui dessert Brest en 1865.
usqu´au milieu du 19e siècle c´est le bateau de Lanvéoc qui est utilisé pour effectuer la traversée.
Représenté par Ozanne à la fin du 18e, il s´agit d´une gabare non pontée à mat unique et voile carrée dont il est fait mention dans l´album de Jouve gravé en 1679.
Son faible tirant d´eau le rendait parfait pour le port de Lanvéoc où les déchargements se faisaient à dos d´hommes.
Après 1840, la traversée est effectuée par des chasse-marées pontées à deux mats avec gréement.
L´activité de passage devenant aléatoire, elle devient une activité d´appoint en complément de celles de charpentier, forgeron ou tailleur.
