La grande majorité des femmes savait confectionner leurs coiffes "de tous les jours"
Ici, la photographie de Virginie Le Bloas, née le 26 août 1858 au Petit Launay, à Crozon (à cette époque, Lanvéoc n'était pas encore une commune à part entière, mais une trêve de la Paroisse de Crozon).
Après la construction de l'église, de 1862 à 1870, Virginie Le Bloas fut choisie pour être la marraine des cloches, en compagnie de M. de Pompery, qui en fut le parrain.
L'époque de cette photographie est ignorée.
http://lanveoc.presquile-crozon.com/images-passe/virginie_le_bloas
Sur le Site du Musée Breton du Finistère nous trouvons cette Coiffe de Crozon (groupe de Douarnenez-Crozon) de 1840-1850 qui pourrait correspondre à celle portée par Virginie Le Bloas.
Description : Coiffe composée d'une sorte de bonnet en mousseline et coton fixée par des épingles métaliques.
Les bords de la viagière touchent les épaules.
A la base du fond un ourlet permet à deux rubans de se croiser, d'en faire le tour, et de se nouer en nœud plat au-dessous.
Les extrémités de la visagière peuvent être disposées autrement.
Dimensions : Hauteur : 29 cm - Longueur : 21cm - Profondeur : 15 cm.
Au fil du temps, les matières utilisées sont bien différentes. Les éléments furent d'abord taillés dans des tissus très fins et très légers achetés en mercerie au mètre (rebrodés ou non) :
Source : Avel gornog N° 4 - 1996 Les coiffes par Françoise Cornec
Après la confection des coiffes, ce tissu à continué à être utilisé pour confectionner les grandes coiffes de cérémonie.
Les dernières coiffes furent taillées dans du tulle carré.
La coiffe de deuil, « ar c’hoef plen », était fabriquée en gaze, à la trame plus serrée que le tulle, et donc plus opaque.
A la fin du 19è siècle les coiffes de tulle carré ont laissé la place aux coiffes en filet. A cette époque les femmes laissaient pendre sur les côtés les ailes appelées en breton « sparlou ». C’est une bourgeoise de Tal-Ar-Groas qui un jour a relevé ses sparlou et les a attachés de chaque côté du noeud : cette mode a été rapidement adoptée par toutes les femmes de la presqu’île.
Surtout utilisé dans la première moitié du XXème siècle, les femmes de pêcheurs y retrouvaient la technique de fabrication des filets de pêche.
Ainsi presque toutes les femmes purent montrer leur savoir-faire et laisser libre cours à leur fantaisie dans la réalisation des broderies (qu'elles avaient imaginées ou copiés discrètement "A la messe, c'était facile ! ma mère avait toujours un petit carnet et un crayon....").
Elles réalisaient deux pièces rectangulaires : l’une allongée, servait pour la passe, l’autre plus large et plus courte, constituait le fond de la coiffe.
Six commerces à Crozon vendaient navettes*, crochets, fil et rubans/ lacets en coton.
*Navette : longue aiguille percée aux deux extrémités, faite en bois, en acier ou en laiton.
